Hier soir, discussion avec des amis où, pour faire mon intéressant, j’affirme d’un ton candide ma préférence pour le monde des livres sur le monde réel : « Des fois, je peux passer deux jours dans mes livres, enfermé dans mon trois pièces… Ce sont toujours des heures heureuses de pensées dansantes. Parfois, le retour à la réalité me déçoit. »
Évidemment, cela suffit pour plusieurs à confirmer l’instabilité mentale dont ils me soupçonnent depuis belle lurette… La discussion coupe court. Je dialogue davantage avec mon bock, histoire de voir ce dont il est capable et je me rends rapidement compte que son existence alterne, comme la mienne, allant du vide total au plein débordant…
Ironie de la vie qui visiblement n’a pas apprécié de se faire devancer par les livres : j’ai perdu, en fin de soirée, mon portefeuilles ainsi que toutes mes cartes d’identités. Techniquement, je n’existe plus, je n’appartiens plus au monde réel, je suis un lecteur, un blogueur, un imposteur. C’est décidé, je ne ferai pas de demande pour une nouvelle carte d’assurance sociale ; tout ce dont j’ai besoin, c’est ma carte d’accès à la bibliothèque…


