Archive pour septembre, 2008

Mais les yeux tombent

28 septembre 2008

Pathétique. Ça fait trente minutes que j’écris des phrases que j’efface aussitôt. Dans l’un de ces textes avortés, j’essayais d’amorcer une réflexion à propos des Vies imaginaires de Schwob. Tout ça à cause d’une phrase que j’ai trouvé belle, sans toutefois savoir quoi en dire. Je devrai y revenir… un peu de patience. Dans un autre, je tentais de décrire mon incapacité à dormir tout en précisant qu’il ne s’agit pas là d’une insomnie contre laquelle je lutte, puisque cette incapacité n’a rien de nuisible à mes yeux, ni rien de dérangeant. Je m’y complaît. En fait, si je le pouvais, je me passerait bien de sommeil. Mais les yeux tombent, hélas. Enfin, dans un texte que je suis sur le point d’effacer, j’écris à propos de mon incapacité d’écrire et je trouve ça tout aussi mauvais que le reste. C’est un vieux truc usé et ennuyeux que j’utilise depuis trop longtemps, tellement que je dois donner à mes visiteurs la vague impression de rire d’eux.

Hier, au marché, j’ai été séduit par un petit plant de piments forts. Ce légume est fascinant : rouge comme la pulsion, brûlant comme le désir. C’est d’abord un compagnon pour l’oeil… Il invite au voyage. Partons pour le pays des piments ! Ah oui… Je me souviens ! Quand je suis allé à Barcelone, j’ai visité un marché immense où il y avait d’innombrables piments forts disposés sur des présentoirs. Il y en avait tellement que l’air ambiant était piquant. Ça sentait la vie.

Tracer un X

26 septembre 2008

Mon ami me faisait remarquer l’autre jour, après l’émission de radio, que notre système scolaire forme des travailleurs et non pas des citoyens. Le constat n’a rien de nouveau, mais c’est tout de même là qu’il faut creuser si l’on veut tenter de comprendre notre médiocrité en tant que société. N’est-ce pas absurde de vivre dans un prétendu système démocratique, un système qui prône le droit de veto, alors que ce système évite de former les gens à devenir des citoyens ? Comment peut-on affirmer croire en la démocratie tout en crachant sur le partage de la pensée ? Notre système engendre l’atrophie des capacités réflexives de ses citoyens. « Ne vous en faites pas, on pense pour vous ! Hé hé ! » La démocratie, telle que nous la pratiquons aujourd’hui, c’est la dictature de l’ignorance. Ça aussi, ça n’a rien de nouveau, mais je crois qu’on ne parlera jamais assez de la dictature de l’ignorance.

Le bus est bondé, ce soir. Je me demande bien pour qui ces gens vont voter. Je suis enclin à croire que lorsqu’on se déplace pour tracer un X dans une case, le jour des élections, c’est d’abord pour nous-même que nous votons. Bravo, j’ai exercé mon droit de citoyen. Ce qui est dangereux avec la démocratie, c’est que toutes les opinions se valent, et la personne qui vote pour les conservateurs vaut bien celle qui a voté pour les libéraux.  Je connais bien des familles où c’est un geste de politesse que de ne pas parler de politique à table. Il ne faudrait pas rendre les oncles mal à l’aise. Il ne faudrait pas prétendre, entre deux bouchées, qu’ils sont dans l’erreur. Penser, c’est impoli. Remettre en question, c’est ne pas connaître les bonnes manières et l’important, dans cette logique, c’est d’abord de faire une croix dans une case, n’importe laquelle.

Un chasseur de personnages

24 septembre 2008

C’est drôle, chaque fois que je tombe sur ce chauffeur d’autobus, je remarque qu’il ne prend jamais la peine de détourner son regard de la route pour vérifier la validité de mon titre de transport. Je pourrais aussi bien lui offrir un doigt d’honneur que ça ne ferait pas de différence. J’existe à peine, tout au plus suis-je une ombre parmi les ombres qui circulent dans la 84, jour après jour. Je comprends le chauffeur de ne pas me regarder. Il est vieux, ça doit faire des années qu’il conduit. Il en a vu d’autres, comme on dit. L’autre jour, c’était un jeune, un petit nouveau qui conduisait le bus vers Ste-Foy. Il disait “Bonjour” à tous les passagers qui entraient. Un homme doté d’une grande volonté, cela ne fait aucun doute. Il était si prompt dans ses salutations qu’il en devenait agressant. Bonjour, bonjour, bonjour, bonjour, bonjour ! Hum.

Bon, je dois admettre que le trajet du mardi soir n’est pas des plus féconds en péripéties. Tant pis. Je parle de transport en commun et ça me fait penser que Réjean Ducharme, dit-on, aurait été chauffeur de taxi. Un écrivain chauffeur, c’est assez intéressant tout ça. J’imagine qu’on doit faire une foule de rencontres déterminantes pour l’écriture quand on est chauffeur de taxi. Les ivrognes sont une source intarissable de pensées fécondes, j’en suis persuadé. À Bordeaux, je m’étais lié d’amitié avec un italien qui m’a dit un jour qu’il aimerait être le douanier de nuit d’une frontière éloignée où il pourrait écrire à son aise. Les gens qui passent les frontières, la nuit, surtout lorsqu’elles sont éloignées, sont d’authentiques personnages de roman, me disait-il. Un chasseur de personnages. Je l’imagine très bien interroger les conducteurs quant à leur vie personnelle afin d’étoffer certains personnages encore un peu creux. Et puis, c’est une drôle de coïncidence qu’un italien m’ait dit ça, parce que l’idée fait étrangement penser au roman Le désert des Tartares de Dino Buzzati, dans lequel le personnage principal est un soldat qui attend dans un fort frontalier, pendant des années, la venue de l’envahisseur… Si bien qu’il se met, au fil du roman, à imaginer que des ennemis très loin, invisibles même avec une lunette d’approche, construisent une route dans le désert afin de préparer l’attaque. De la même façon qu’en la graine l’arbre est virtuellement présent, on peut dire que c’est l’attente qui crée l’événement. De mon côté, j’ai choisi l’espionnage parce que c’est une activité que l’on peut pratiquer n’importe où. Je n’ai pas envie de frontière ni de taxi, je préfère le nomadisme contemplatif.

- Terminus, tout le monde descend.
- Il n’y a personne. Il n’y a personne ici.

Trognon de pomme

23 septembre 2008

J’ai laissé ouvertes les fenêtres du laboratoire quelques jours, question d’aérer mon espace de travail. J’en ai profité pour faire le ménage et me débarrasser de plusieurs rapports peu concluants. En fait, j’ai presque tout brûlé. Ici, ça ne ressemble plus trop à un laboratoire. Table rase, merci Pessoa et les autres. Enfin, je respire. Aujourd’hui, nous avons vu un arbre d’une rare beauté. Une ligne très nette le coupait en deux : d’un côté, les feuilles encore vertes et de l’autre, la beauté crépusculaire de l’automne. Les arbres sont des philosophes silencieux. Celui-là affichait ses contradictions sans gêne et j’ai pensé que je devrais faire de même. J’ai envie d’aller aux pommes. Quand j’étais jeune, mais amis et moi allions faire des guerres de pomme dans le petit bois derrière chez nous. Nous remplissions nos poches de petites pommettes, faisions deux équipes et déclarions la guerre ouverte. Beaucoup d’ecchymoses, de pleurs et de plaisir. Aujourd’hui, je préfère cueillir les pommes pour les manger. Et puis, à qui pourrais-je bien lancer des pommes, maintenant ? Aux grosses faces de la campagne électorale, pourquoi pas. Au moins, je trouverais une utilité à toutes ces affiches distribuées par milliers aux quatre coins du pays par des partis qui se prétendent écologiques. On devrait interdire aux politiciens de polluer nos villes avec leurs maudits sourires d’hypocrites. C’est dégoûtant de faire preuve d’autant de mépris à l’endroit des citoyens. J’enrage. Moi, si je vais aux urnes, ce sera pour voter Jonathan Swift. Merci bonsoir, je retourne lire Pinocchio.

Bavardage

19 septembre 2008

Aujourd’hui je me suis rendu compte que ça fait 23 ans que je suis avec moi-même, sans interruption, et que cela me complique passablement la vie. Je me pose des questions, m’interroge sans relâche même lorsque je réclame la tranquillité. Ah oui, et je me trouve si banal dans mes réflexions ! Je me suis demandé, tout à l’heure, comment diable pourrais-je changer le monde. J’ai bien essayé de nouvelles lunettes de soleil… Ça marche un moment. Je veux dire, c’est simple, la vie est belle avec ces lunettes. Peut-être que si l’on en fabriquait 8 milliards, han, des lunettes pour tout le monde, pour les vieillards  et les bébés des cinq continents, peut-être que cela pourrait changer le monde.

J’ai eu la chance cette semaine de rencontrer Fernando Pessoa en compagnie de ses amis Alberto Caeiro et Alvaro de Campos. C’est une drôle de rencontre, comme j’en fait souvent dans les librairies de livres usagés. L’exemplaire est usé et il y une belle tache de café dans tout le coin supérieur du livre. Je parle de chance parce que bon, personne ne m’a jamais conseillé de lire Fernando Pessoa. Il est rare qu’on se fasse suggérer une lecture ! Dommage. Peu importe, Pessoa devait être seul avec lui-même, lui aussi, c’est là où je veux en venir, puisqu’il a inventé des poètes. C’est magnifique d’avoir créé une pensée aussi riche que celle d’Alberto Caeiro. Un tour de force. J’avoue que je suis charmé…

« Le mystère des choses ? Mais que sais-je, moi, du mystère ?
Le seul mystère, c’est qu’il y ait des gens pour penser le mystère.
Celui qui est au soleil et qui ferme les yeux,
se met à ne plus savoir ce qu’est le soleil
et à penser maintes choses pleines de chaleur.
Mais il ouvre les yeux et voit le soleil
et il ne peut plus penser à rien
parce que la lumière du soleil vaut plus que les pensées
de tous les philosophes et de tous les poètes.
La lumière du soleil ne sait pas ce qu’elle fait.
Et partant elle ne se trompe pas, elle est commune et bonne. »

J’ai ri de moi un bon coup lorsque j’ai lu ces vers. Je vous invite à faire de même.  C’est le cinquième poème du Gardeur de troupeaux, si ça vous intéresse. Ouais, ça me fait penser, j’ai bien essayé d’inventer Soubresaut, de mon côté, mais il me ressemble trop. Vraiment, c’est fatiguant. Éloignez-moi de moi ! Hahaha.

Oreiller

16 septembre 2008

« Dans l’édifice de la pensée, je n’ai trouvé aucune catégorie sur laquelle reposer mon front. En revanche, quel oreiller que le Chaos ! »

- Cioran, Syllogismes de l’amertume.

- Qu’est-ce que tu as Simon ? Tu as l’air déprimé… Tu as le visage d’un gars qui s’est replongé dans Cioran.

Il a pas tort. Je sais pas, mais moi, Cioran me fait penser à cyanure. Beaucoup de mots entretiennent comme ça des affinités sonores qui débordent en analogie de sens : amour et humour, par exemple. On a parlé de ça et d’autres choses, comme d’habitude et, en fin de soirée, on a commencé à pencher du côté de l’échec de la philosophie. Tout se passe comme si le fait de penser le monde le rendait inhabitable, disions-nous. En ruminant les conclusions de cette discussion, je souhaite ardemment que nous nous trompions, il faut absolument que ce soit un raisonnement mal mené, il est nécessaire pour la suite des choses de croire qu’à ce moment précis nous étions dans l’erreur. La pensée ne doit pas, ne peut pas aboutir au simple constat de son échec, c’est inadmissible. Ce constat doit être le germe d’une pensée neuve, d’une pensée qui se méfie d’elle-même comme on se méfie d’un ennemi de longue date. « Déserts fertiles de soifs », écrit Thierry Dimanche. Il faut résister à la tentation que représentent les oasis de facilités. Constater un échec est une chose facile en soi, mais c’est tout de même une petite victoire sur laquelle il est nécessaire de s’appuyer.

Je reviens à cette remarque de mon ami qui reconnaît mes lectures du moment en scrutant mon visage et je pense à ma mère qui, aussi loin que je me souvienne, a toujours su lire entre les lignes de ma face. L’été, quand j’étais petit, j’allais souvent avec mes amis piller les plants de ciboulette des voisins d’à côté. J’entends avec netteté ma mère qui dit, d’un ton qui se veut mystérieux et moqueur, Simon, tu as encore volé la ciboulette des voisins… Mais non maman, c’est même pas vrai. Elle rit. Sans doute, mon haleine me trahissait, mais j’avais aussi le regard espiègle du jeune homme qui joue à la chasse au trésor. Car nous faisions des commandos et la ciboulette était une plante d’une extrême rareté qui parfois nous rendait invisible, nous dotait d’une force surhumaine ou nous permettait de franchir le portail d’un monde fantastique. Vraiment. Avant d’être un littéraire, je fus un aventurier. Comme je me sentais bien, un brin de ciboulette dans la bouche, le mordillant en scrutant l’horizon de mes fabulations…!

- Simon, tu as la face d’un p’tit gars qui a fait un mauvais coup.
- Oui mais maman… je suis encore un gamin. Je sculpte mon univers selon mes désirs. Je  ne suis pas pressé de découvrir le chaos… et pourtant, pourtant, je le connaîtrai bien assez tôt.

En ces temps d’élection

13 septembre 2008

« Et dans ma chute je vois bien
Je vois très bien
Que nous ne sommes pas près de toucher le fond
De ce trou obscur. »

- Roland Giguère, L’âge de la parole

Aller-retour

10 septembre 2008

Avec mon nouvel horaire d’homme à son affaire, j’ai du mal à trouver suffisamment de temps pour bloguer. Vous me direz, oui mais, c’est ton affaire aussi que de bloguer, non ? Ouaip. C’est pourquoi j’ai décidé d’amener avec moi mon portable lors des longs trajets de bus qui me mènent à la station de radio. Je constate à l’instant précis où j’écris ces lignes que ce sera pour moi l’occasion d’exercer mes talents d’espion. Je me réjouis ! Vraiment, le temps ne me fuit pas entre les doigts… and he better not… fucker !

- Longue vie aux jeudis de l’espionnage littéraire en compagnie de Soubresaut Templar !

Ce soir, c’est plutôt calme dans la 84. Il y a bien une fille assise à ma droite, mais elle écoute de la musique. Je crois entendre des bruits de cymbale. Ce doit être une rockeuse. Ah… Je préférerais surprendre les croustillantes conversations des jeunes qui s’en vont veiller. Les jeunes fêtards, c’est la vie propulsée à l’extrême ! Ils boivent tout, ils déchirent l’espace avec leur solide volonté d’avancer et de se saouler jusqu’à la mort ! Comme je les admire pour cette démonstration d’autodestruction vivifiante ! Hourra la jeunesse…!

Petite parenthèse ici : je ne peux m’empêcher de penser à Céline chaque fois que j’écris des phrases exclamatives. Vraiment, le point d’exclamation et les trois petits points lui appartiennent. Quiconque utilise à outrance ces signes de ponctuation, après Céline, risque fort de se couvrir de ridicule…! Voilà qui est fait pour moi…

Je n’ai jamais vu de bus si tranquille. C’est à croire qu’on connaît mes intentions. Hostie ! Je sais que vous lisez mon blogue, Monsieur le maire. Allez vous faire foutre ! Vous ne pourrez jamais rien contre les espions de la littérature, ni contre les poètes-ninjas qui s’entraînent secrètement dans mon espace mental. Un jour, et ce jour approche, vous serez dans l’eau chaude !

L’homme devant moi, celui à la veste de cuir, fait semblant de dormir. J’ai remarqué ses paupières mi-closes. Quel lâche ! Ouvrez vos yeux, monsieur, que je vous mette en fiction ! Je refuse les dormeurs, je préfère vous prévenir. Dans les livres (du moins, dans ceux que j’ai en tête), les gens ne dorment jamais par fatigue. Non. Ils dorment parce qu’à ce moment précis du récit, ils doivent rêver. Je n’ai jamais compris les gens qui ne lisent pas dans les transports en commun… Avant de devenir un espion, je lisais toujours dans l’autobus.

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Voilà le moment que j’attendais, le chemin du retour où je rencontre ces oiseaux nocturnes qui vont errer dans les coins sombres de la ville. Vous remarquerez que dans la phrase qui précède, les oiseaux ne volent pas. C’est normal. Il y a des gens autour de moi tandis que j’écris, mais ils ne se doutent pas du fait que je les transforme en être de langage. Je remarque qu’il existe une loi non-écrite des transports en commun selon laquelle il est interdit de regarder les gens dans les yeux. Je dois me méfier afin de demeurer incognito. Les gens refusent qu’on sonde leur être parce qu’ils se sentent impurs. C’est normal. Et puis, mon travail d’espion ne consiste pas tant à regarder les gens dans les yeux qu’à observer les raisons profondes de ce refus généralisé de la rencontre. Une fille parle avec son copain qui se trouve à l’intérieur de son téléphone portable. Elle parle si fort que j’entends tout ce qu’elle devrait plutôt murmurer, et si longtemps que je connais les moindres détails de sa vie privée. Si je lui avais adressé la parole pour lui demander ce qu’elle fait de son existence, elle m’aurait sans doute dévisagé de manière à me faire comprendre que je suis un martien. Comme quoi certains exhibitionnistes n’aiment pas se déshabiller lorsque c’est nous qui leur demandons.

Espion

8 septembre 2008

Depuis que j’écris de façon à peu près régulière, je constate l’importance de l’attention, de l’observation et de la contemplation. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me suis rendu compte que, le plus souvent, je file dans la vie sans véritablement observer ce qui se passe autour de moi. Un peu, oui, mais pas trop. Je sais qu’il existe des natures contemplatives, des gens qui, lorsqu’on marche avec eux, remarquent des étrangetés qui échappent aux regards communs.

- Tu as vu cet arbre ? On dirait un grand-père qui fume la pipe.
- Ah ! Non, je n’avais pas vu.

J’essaie, depuis un certain temps, d’observer ce qui se passe autour de moi. Il se passe une foule de chose ! Les gens sont fascinants. Vila-Matas, l’écrivain sur lequel je travaille beaucoup dans mon laboratoire, affirme souvent que l’écriture est un travail d’espionnage. Vous pouvez être certains que je note vos moindres faits et gestes, mais n’ayez crainte, je ne vous juge pas. Ou si peu.  Par contre, si vous faites en ma présence quelques excentricités, vous risquez fort de vous retrouvez un jour dans un récit. Destin agréable, à bien y penser.

Un peu de lest

4 septembre 2008

J’aime me promener toute la nuit, sans destination précise, en discutant d’idéaux. Il y a quelques années, cela m’arrivait plus souvent que maintenant. Nous pouvions marcher de Neufchâtel jusqu’aux plaines, remodelant le monde avec nos mots en marchant d’un bon pas. La pinte de rousse est exquise après la marche, elle sait apaiser le gosier du rêveur.

J’aime beaucoup cette librairie du centre-ville où je vois toujours milles beautés. C’est là que j’ai acheté ma belle édition du Capitaine Fracasse. Le propriétaire est jeune et sa cause est noble, c’est un passionné de littérature. Lorsqu’un client quitte sa boutique, un livre à la main, il lui souhaite une bonne lecture avec sincérité. Bonne lecture…!

J’aime aussi l’automne et sa mort théâtrale. Les arbres savent mourir et renaître avec grâce. Leur existence est fascinante.