Aussi drôle qu’une fausse moustache

11 juillet 2009

Je sors de ma torpeur (zoup…!) pour partager une petite idée qui me semble importante dans la mesure où beaucoup de gens la croient fausse, s’y opposent ou en rient comme s’il s’agissait de la première des imbécilités venues. Je ne crois pas à la primauté de la raison parmi les caractéristiques qui feraient la spécificité de l’être humain.  Je ne crois pas davantage que ce que nous appelons raison soit quelque chose de grandiose. Il s’agit tout au plus du regard narcissique que la conscience porte sur elle-même, constatant avec enthousiasme qu’elle existe, qu’elle est seule et que cette unicité la rend digne de confiance. Ce n’est pas du cynisme. Je crois simplement qu’on a raison d’affirmer que la raison est faible, qu’elle n’est que rarement en mesure de saisir qu’elle n’est pas maître d’elle-même, mais bien plutôt l’esclave de forces qui dépassent le champ de son expérience. Ce sont d’abord l’égoïsme, l’instinct de préservation de soi et de l’espèce que l’on doit tenir pour responsables de nos actions. La raison n’est souvent qu’une justification mensongère, et l’on affirme candidement qu’on a raison de faire cela.

Une fois cela entendu, il y a matière à rire. Le vieil éloge de l’évolution, le précieux héritage des lumières ! La projection de nos fantasmes les plus bas dans un au-delà teinté de mysticisme à deux cents. Aussi drôle qu’une fausse moustache.

Mon frère de passage chez moi a écrit sur le réfrigérateur qu’il faut « vivre le plaisir comme les enfants l’été. »

Peut-être faut-il saisir comme dans prendre plutôt que comprendre ?

Je retourne à mes pages grises…

Laisser un commentaire