— High five manqué —
by Simon Brousseau
Hier soir j’ai écouté le match de hockey seul, chez moi, devant mon ordi, mais c’était cool en crisse je criais Halak the way you do it !!! Shit !!! Wôôô !!! Je n’ai jamais vu une performance de gardien de but aussi inspirée. Ça fait qu’après la victoire de mon club, tsé, nos glorieux, Phil m’a téléphoné et j’étais comme tout excité et je lui ai dit Fuck, man, viens me rejoindre on va se rouler un gros joint pis on va le fumer en marchant jusqu’au Burgundy. Tsé moi je suis comme ça, il ne me faut pas grand-chose pour être heureux, pour retrouver mon coeur d’enfant.
En fumant le batte, je racontais à Phil les grandes lignes de la soirée. Halak a fait la split, pis là il s’est lancé sur le côté pis Woop ! Il a fait un arrêt MI-RA-CU-LEUX. On a tiré sur le joint jusqu’à ce que ça goûte le carton, et pis je l’ai jeté dans le botcheux, juste à la porte du bar. On se dirigeait vers la terrasse, je voulais fumer ma clope d’après-joint, quand je suis tombé sur Clarence L’inspecteur.
— Le gars qui annonce à qui veut bien le savoir que je suis un drogué fini.
Il était avec une femme vraiment belle, pis j’étais comme What the fuck, est-ce que je lui parle, est-ce que je l’évite, est-ce que je les laisse tranquilles ? Pis là je me suis dit, de la marde la paranoïa. Je l’ai regardé, il m’a regardé, en fait on se fixait, et j’essayais d’avoir l’air pas trop buzzé, ça fait que je lui ai tendu la main pour faire un high five, mais j’ai comme manqué mon mouvement, c’était complètement raté, et j’ai senti une sorte de malaise, tsé, un malaise de gars qui a fumé pis qui se sent pas trop à sa place. Il était en train de signer un reçu de carte de crédit, et Phil et moi on était plantés comme deux tatas devant lui, en attendant qu’il dise quelque chose.
— Sans rancune… Clarence.
— Sans rancune… Eddie.
Je suis et je ne suis pas Eddie Vedder, pis fuck, lui, c’est qui au fond han je le connais à peine, et là, je continue à pédaler dans ma tête toute croche et j’essaie de lire son nom sur le relevé, mais l’hostie, il le déchire, juste pour faire son mystérieux. Et ça alimente le malaise.
Là, il y a eu un silence insoutenable, lourd, et puis il m’a demandé ce que je crissais. Je lui dis Ben on s’en va prendre un verre sur la terrasse, pis vous…? Et là, il s’est frotté sur la Barmaid sexy, il m’a regardé en souriant avec son air un peu baveux, et pis il a dit à sa date C’mon girl, let’s get the fuck outta here. Ça sonnait vraiment comme Those guys are loosers, girl, I don’t really know them.
On s’est finalement installé sur la terrasse, ouais, pis on était en trip bouffe, alors on a commandé un scotch, une pinte de noire, et une belle grosse poutine à l’anglaise.

Héhéhéhéhéhé.
J’ai comme l’impression qu’ils ont pas fini de se croiser ces deux-là.
(C’est vrai qu’elle est belle cette fille)
Il faudrait, ouais, il faudrait…
Esti que je comprends pas vraiment. Mais ça a l’air le fun.
C’est simple pourtant, on s’invente des histoires pis on a du gros fonne noir à faire en sorte que des points de vue se croisent. Tu es la bienvenue
hey, j’ai essayé d’écouter la game sur mon ordi pis ça marchait pas genre je trouvais pas. Toi, t’a pogné ça où? Pis c’était tu gratis?
Justin TV.